Prison Angola

Je sais reconnaître une excellente idée lorsque j’en rencontre une. Ça me fascine à quel point nous sommes ignorants de quelques grandes idées déjà en existence.

Est-ce que la prison d’Angola en Louisiane, ça vous dit quelque chose?

J’habite à quelques heures de cet endroit et je n’en avais jamais entendu parler avant l’an dernier lorsque qu’un couple d’amis nous a demandé si nous voulions aller faire un petit tour au rodéo de la prison d’Angola.

Pardon?  Un rodéo dans une prison? On aura tout vu.

Elle m’a expliqué en une seule phrase et ce fut suffisant pour piquer ma curiosité: une prison autosuffisante. Wow!  Je ne pouvais en croire mes oreilles.  J’ai cette idée là depuis quelques années. Une prison qui pourrait s’auto-suffire et préserver un peu notre chèque de paie.

Angola est la plus grande prison haute sécurité des États-Unis étalée sur 18 000 âcres jadis une plantation. Angola héberge plus de 6000 prisonniers.

Les fonds publics

La prison utilise tout de même des fonds publics pour certaines choses mais le principe est non seulement génial, il devrait être étudié et appliqué partout.  Angola est un centre de correction à sécurité maximale, donc plusieurs détenus y mourront. L’institution accueille de nombreux autres occupants sur une base régulière.  Les plus dangereux criminels s’y retrouvent et la moitié est là pour meurtre.

Qu’est ce qui a de mieux pour garder l’esprit tordu d’un criminel occupé?  Le faire travailler.  Par travailler, je ne parle pas de leur donner un petit boulot ennuyant à remplir des petites enveloppes. Je parle de les faire travailler à trouver des façons de survivre et tenter de rentabiliser l’établissement.

Une ferme ?

La prison en Angola c’est une communauté rurale.  Les prisonniers doivent cultiver leur nourriture et ils doivent travailler.  Sur place, vous y trouverez une usine de cannage, une ferme laitière, un comptoir postal, un ranch, un service de réparation de voiture, un moulin à sucre et une station de radio.  Un des avantages du travail bien accompli : faire partie du rodéo annuel.

Le rodéo annuel

Le rodéo annuel est ouvert au public.  Les prisonniers mettent leur vie en danger pour donner un bon show. Les visiteurs paient un coût d’entré et peuvent acheter de la nourriture et également des trucs fabriqués par les prisonniers eux-mêmes.  C’est en travaillant que ces derniers sont capables de s’assurer une certaine qualité de vie à l’intérieur des murs. Le rodéo est très populaire pour les gens de la place.

 

La vie hors de la société 

 

La plupart de ces détenus y seront pour des décennies.  La réhabilitation est beaucoup plus difficile après plusieurs années en captivité. En faisant partie d’une communauté, les prisonniers ont la possibilité de se donner une deuxième chance. Ils peuvent ainsi réapprendre à faire confiance à autrui et développer des relations interpersonnelles. Au lieu de s’approprier des ressources de la population, ils servent la population.  N’est-ce pas merveilleux?

Le directeur de l’établissement qui a instauré ce mode de vie s’appelle Burl Cain.  Lorsqu’il a joint les rangs, la prison était dans un piètre état : beaucoup de sang et de violence.  En créant ainsi une confrérie entre les détenus et en favorisant des activités telles que la musique et l’éducation, le taux de violence a largement chuté. Des dortoirs ont remplacé les cellules.

Plusieurs critiquent les fondations religieuses de cette transformation.  Cain se défend en disant qu’il est plus facile de soutirer la moralité par la religion que par n’importe quel autre moyen.

La sécurité

Qui dit prison, dit gardiens de sécurité.  Bien entendu que dans une prison à sécurité maximale, les gardiens sont abondants.  Angola, qui a vu son budget coupé drastiquement il y a quelques années,  utilise une espèce croisée mi-loup mi-chien qui parcourt les environs.  Vous avez bien entendu, les autorités utilisent des animaux pour assurer la surveillance du site.  S’évader devient une pensée beaucoup moins alléchante (ou bien seulement alléchante pour les loups).

Ne serait-il pas temps d’instaurer ce mode de vie carcéral dans tous les centres pénitenciers ?

 

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